Étude de cas · Prototype fonctionnel

Comparer les achats d'un hôtel aux tarifs négociés par Accor.

À partir d'une facture, l'outil propose des produits du catalogue Accor et calcule les économies possibles. J'ai repensé le parcours avec les acheteurs et les commerciaux pour permettre de vérifier les produits proposés, de corriger la comparaison et de choisir quand la valider. J'ai ensuite livré un prototype React repris par le développeur.

Client
Accor
Rôle
Product designer · Design engineer
Période
Mai à juin 2026 · Quatre semaines
Vue benchmark : un tableau dense où chaque ligne empile le produit facturé et le produit catalogue, avec les badges de correspondance, le fournisseur, les prix, l'économie de chaque ligne en euros et en pourcentage ; le total de la facture et celui du catalogue en pied de page
La vue benchmark livrée. Facture au-dessus, catalogue en dessous dans chaque cellule, l'économie de chaque ligne en euros et en pourcentage ; le total suit en pied de page. Données de démonstration inventées.

La situation de départ

Accor négocie des prix auprès de fournisseurs. Pour convaincre un hôtel à partir de sa facture, les commerciaux doivent pouvoir lui montrer des économies crédibles. L’outil existant est difficile à parcourir ; une commerciale l’utilise uniquement pour transformer la facture en tableur, puis compare les produits à la main.

Le product manager a déjà construit un prototype plus lisible. Le brief attend des maquettes et un design system. En quatre semaines sur site, j’ai rencontré deux acheteurs et une commerciale, conçu et codé un prototype React sur la stack cible, puis transmis le dépôt au développeur. Les entretiens ont fait de la vérification des produits proposés le cœur du parcours.

01Vérification de la facture

Corriger la facture avant de comparer

Les données extraites de la facture servent ensuite à comparer les produits et les prix. J’ai placé la facture originale à gauche et sa lecture à droite, avec les valeurs corrigeables dans la ligne. La comparaison ne démarre qu’après cette vérification.

L’utilisateur garde la source sous les yeux pendant qu’il corrige. Cette disposition remplace une vérification dans un autre onglet ou dans une fenêtre superposée à l’outil.

Écran de vérification avant comparaison : à gauche l'aperçu de la facture d'origine, à droite le tableau de ce qui en a été lu, référence, produit, quantité, unité, poids, prix unitaire et total par ligne, avec le total de la facture en bas et le bouton qui lance la comparaison
La facture et sa lecture dans le même écran. Ce qui a été lu sert à comparer les produits et les prix, donc on corrige d'abord, ici, avec la facture sous les yeux.

02Lecture du tableau

Comparer les produits dans les mêmes colonnes

Le prototype du product manager présentait les produits sous forme de cartes. J’ai choisi un tableau compact : les informations facturées sont au-dessus de celles du produit proposé, dans les mêmes colonnes. Les prix et les quantités se comparent sans passer d’une carte à l’autre.

Les deux acheteurs interrogés préféraient une vue dense pour parcourir davantage de lignes à la fois, comme dans leur tableur. Cette préférence a guidé l’organisation du tableau.

Six lignes du tableau en gros plan, avec deux repères sur la première : la ligne du haut est la facture, celle du bas le catalogue. Dans chaque cellule, la valeur facturée au-dessus, la valeur catalogue en dessous, avec le fournisseur, la référence, la quantité, le prix unitaire, le montant et l'économie
Les deux produits dans les mêmes colonnes : la facture au-dessus, le produit proposé par Accor en dessous.

03Choix des produits

Corriger une proposition sans fausser le bilan

Un produit proposé peut ne pas convenir. L’acheteur peut choisir une autre alternative ou conserver la ligne sans lui attribuer d’économie. Lorsque le catalogue est plus cher, l’écart reste visible. Le bilan conserve ainsi les produits sans équivalent et les prix moins avantageux.

Les entretiens ont déplacé le problème : une comparaison lisible peut rester trompeuse si les produits ne sont pas équivalents. Un acheteur préférait que l’outil reconnaisse l’absence d’alternative plutôt que de forcer une mauvaise correspondance.

Conserver une ligne sans équivalent adapté : elle reste dans le benchmark, sans économie attribuée.
Repérer les lignes moins avantageuses
Retrouver les lignes où le catalogue est plus cher et celles qui restent hors catalogue.
Changer de critère de comparaison

Produit identique, référencé ou moins cher : les profils reclassent des alternatives déjà trouvées et les totaux suivent. Le product manager a précisé que ce changement devait être pré-calculé. J’ai supprimé l’idée de relancer la recherche à chaque changement de critère.

Changer de critère. Tout est déjà calculé : les lignes se reclassent sans attente et le total dit tout de suite ce que le choix vaut.
Quand l’acheteur trouve lui-même une alternative

Au test du 16 juin, l’acheteur a expliqué qu’il doit parfois demander lui-même un prix au fournisseur. Le prototype permet d’ajouter cette proposition dans les alternatives d’une ligne existante, puis de la choisir pour la comparaison. On complète une ligne de facture ; on ne crée pas un achat qui n’y figure pas.

Limite du prototype : l’alternative ajoutée peut être perdue lorsque les lignes sont réinitialisées, notamment au changement de profil. Ce comportement doit être traité à l’intégration.

04Restitution du benchmark

Exporter en cours de travail, valider à la fin

Exporter et terminer sont deux actions distinctes. J’ai laissé l’utilisateur choisir au moment de l’export : conserver un benchmark modifiable ou le valider. Une fois validé, le résultat passe en lecture seule et les outils qui permettraient de modifier la comparaison disparaissent.

Au test, l’acheteur a refusé la validation automatique à l’export : il retravaille souvent une comparaison après l’avoir exportée. La validation doit correspondre au moment où il considère son travail terminé.

Exporter et continuer

« Still working on it » exporte une copie. Le benchmark reste modifiable.

Exporter et valider

« I’m done » valide le résultat. Le benchmark passe en lecture seule.

Le chemin « I’m done » : après l’export, le badge passe à « Validated (read only) » et les profils de comparaison disparaissent.
Les trois états de l’application
Les trois entrées de l'espace personnel. Valider est un acte volontaire, et c'est ce qui sépare le travail en cours de ce qui est parti chez le client.
Signaler un écart à renégocier

Une ligne peut être marquée « à renégocier » avec un commentaire destiné au category manager ou au client. Le marquage reste éditable dans un benchmark validé : il sert à communiquer, sans modifier les chiffres. La persistance des annotations reste une limite du livrable.

Le drapeau et sa note. Pour le category manager qui renégociera la ligne, ou pour le client à qui l'on explique un écart.

Livraison et résultats observés

Le responsable des ventes a validé la direction en début de mission. Le développeur web a repris le dépôt remis la veille de mon départ, avec le backend et la donnée réelle à intégrer. Avant la fin de cette mission, le même client avait commandé un second prototype : Drink Menu Compliance.

Un test utilisateur enregistré a été réalisé avec un acheteur, et ses retours intégrés le lendemain. Sa réaction porte sur un prototype avec données fictives, pas sur l’usage du produit en production : « Si c’est aussi simple que ça à chaque fois, c’est canon. »

La structure transmise au développeur

React 19, TypeScript et Vite, sur les tokens du design system client. Onze fichiers de tests couvrent la logique de calcul. Cinq notes de décision, les états d’erreur et les points ouverts accompagnent le dépôt. Un seul module d’accès aux données indique au développeur où brancher le moteur réel.

Un seul module parle au backend. Le contrat indique au développeur où brancher le moteur réel ; la comparaison automatique du prototype est marquée comme échafaudage.

Les limites

Données fictives, comparaison simulée, aucun backend ni authentification réelle. Le score de confiance par ligne n’est pas construit. Les annotations et les alternatives ajoutées ont des limites de persistance. Un seul test utilisateur est documenté, sans commercial terrain.

Ce que je referais autrement

Je mettrais un commercial terrain devant l’écran dès la deuxième semaine. Le test documenté a été fait avec un acheteur, plus tard dans la mission.

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